Présence en force de Sail For Europe
à Alicante
De Bruxelles, des Midlands, de Normandie, de
Bretagne et d’Irlande, les anciens équipiers de Traité de Rome dans les Whitbread 1977-1978 et 1981-1982 se sont
déplacés en nombre à Alicante, la semaine dernière à l’occasion du départ de la
Volvo Ocean Race.
Philippe Hanin, notre cher skipper et Michèle sa femme ont
retrouvé Judith et Fritz Heinemann, devenus mari et femme à l’issue de la
première course, Bob Girardin et Harold Cudmore .
Etaient aussi présents à Alicante Patricia Colmant, équipière de Portsmouth-Le
Cap et fondatrice de Sail For Europe avec Guy Van Haeverbeke et les Hanin. Cette délégation « d’anciens »
était sympathiquement entourée d’une quinzaine de membres très actifs et
fidèles supporters de l’association menée par Pierre Donner, l’animateur de
Sail For Europe.
Privés de notre emblème sur l’eau depuis son
démâtage au large de la Sicile début octobre, nous avons néanmoins souhaité
être présents en force à Alicante pour
participer à cette réunion de famille des anciens de la Whitbread organisée par
la direction de la Volvo Ocean Race. Nous avons eu la chance d’être accueillis
à bord de Viridiana, un Feeling de 45 pieds mis gracieusement à notre
disposition par Jacques Dedeckker, son charmant propriétaire que
l’envahissement de son bateau par tous ces « Sailforeuropéens » avait
l’air d’amuser.
Et nous avons pu naviguer sur un VOR 60 pour les régates de
Legends. Malheureusement , la première manche qui nous souriait, a été annulée
faute de vent et dans la seconde manche que nous menions, un incident matériel
nous a obligé à laisser champ libre à l’invincible « Esprit
d’Equipe », du Français Lionel Péan, vainqueur de la Whitbread 1985-1986.
Le samedi, par une bonne brise de 25 à 30
nœuds, nous étions tous sur l’eau pour assister à un départ d’anthologie de la
Volvo Ocean Race, malgré le faible nombre de participants.
Six bateaux pour une
telle course s’est peu mais les budgets, très élevés, autour de 50 millions
d’euros sont des investissements très lourds en temps de crise. Mais la météo
avait répondu présente avec un bon ouest nord-ouest qui aplatissait la mer au
pied de la citadelle d’Alicante offrant une superbe régate côtière que Camper
emporta haut la main en 39 minutes avant de piquer vers le sud.
Cinq heures
plus tard, dans une mer très creuse avec des rafales à 30 nœuds, Abu Dhabi
tombait dans un « fossé » tellement profond que durant sa chute, le
barreur sentit son corps en lévitation. Il était en l’air, accroché à la barre
avant d’entendre un énorme bang : Azzam venait de connaître la même
fortune de mer que Traité de Rome, dans des conditions de mer et de vent identiques.
Le mât ballottait partout en trois morceaux. Bien sûr contrairement à notre
association, Abu Dhabi a sorti les gros moyens et l’équipage est reparti cinq
jours plus tard. Pour Traité de Rome, ce sera au mieux cinq mois plus tard....
Cette
grande course hauturière qui succède depuis une quinzaine d’années à la course
mythique que nous avons connue dans notre jeunesse, a considérablement évoluée
depuis que le sloop de 51 pieds qui symbolise l’Union Européenne sur toutes les
mers du globe a réalisé sa brillante 3ème place.
Désormais, la
course autour du monde en équipage se court sur des monocoques de 70 pieds et
la puissance de ces machines, la brutalité des manœuvres, l’inexistence du
moindre élément de confort, les rend
objectivement moins accessibles aux navigatrices que ne l’étaient ce que les
organisateurs appellent aujourd’hui les « Legends ».
Au total, près de 400 équipiers dont Ramon
Carlin, mexicain de 86 ans vainqueur de la première édition 1973-74 avaient
répondu présents à l’appel.
Un succès tel que Lorient qui sera l’avant dernière
étape de la VOR 2011-2012, en juin prochain, a d’ores et déjà lancé les
invitations à tous les anciens.